L’agriculture au Guatemala

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Notre voyage continuant sur sa lancée, nous sommes heureux de partager avec vous les connaissances que l’on a pu glaner dans un pays que nous n’avions pas prévue de traverser et qui finalement nous a émerveillé : Le GUATEMALA.

Pour commencer et pour ceux qui ne le savent pas encore le Guatemala est le pays le plus peuplé et le plus riche d’Amérique centrale (après le Costa Rica, mais ça on vous en parlera dans notre prochain article). Il est aussi malheureusement l’un des plus injuste, et celui où l’écart, croissant, entre minorité riche et majorité rural pauvre (70% de la population) est le plus important.

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Un peu d’histoire sur l’agriculture au Guatemala:

 

Pour comprendre la situation de l’agriculture dans ce pays il est important de revenir un peu sur sa politique et sur quelques grands chiffres. Ainsi si l’on observe bien, il existe depuis 1952 (réforme agraire qui prévoyait l’expropriation par le gouvernement de terres agricoles privées inutilisées) de nombreuses tentatives de réformes et de politique agraire différentes.

En 1954/55, 24 836 hectares (61 371 acres) avaient été distribués à 10 359 agriculteurs. La loi de 1952 a été complétée par une loi de réforme agraire de 1956 qui visait à distribuer les fermes nationales aux paysans sans terre.

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De 1954 à 1962, le gouvernement décide donc de distribuer 17 346 titres fonciers. En 1962, est créé l’Institut national d’amélioration agraire pour aider les nouveaux propriétaires fonciers et améliorer leur niveau de vie. Le gouvernement exige que les propriétaires de plantations mettent de côté des terres pour la culture de subsistance de leurs locataires. Une banque de crédit agraire fournit des prêts aux petits agriculteurs.

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L’ensemble de ces politiques permettant aujourd’hui à l‘agriculture de représenter environ 23% du PIB, 75% des recettes d’exportation et employer 50% de la population active.

Malgré les efforts et les différentes politiques, 43,4 % de la population souffre de malnutrition chronique.s et/ou sont en grande dépendance vis-à-vis de l’étranger. Le Guatemala dépend historiquement du marché mondial comme producteur de matières premières et de biens alimentaires et a vu se développer quantité de multinationales sur leurs terres. Les petits paysans ne faisant pas le poids face aux multinationales et aux accords de libre-échange entre les États-Unis/l’UE et l’Amérique Centrale qui enrichissent majoritairement ces dernières.

Les spécificités de l’agriculture au Guatemala

Une telle politique agraire ne serait être possible sans une qualité de sol, généralement très fertile, qui est véritablement la principale ressource du Guatemala. Aujourd’hui les principales cultures de rente sont le café (6ème producteur mondial.), le sucre (7ème producteur mondial), la banane et le coton, suivis du chanvre, des huiles essentielles et du cacao.

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Sur la Côte Caraïbes, la spécialité est la canne à sucre. Dans le centre du pays, dans la région des volcans, la ressource la plus importante est le café. Au sud, où il fait plus chaud, on produit des fruits comme des bananes, des pastèques, des mangues, du cacao ou du tabac.

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On dit bien souvent de l’agriculture du Guatemala quelle est duale : le café, la banane, le coton et la canne à sucre, produits dans de grandes exploitations de la côte Pacifique, sont destinés à l’exportation. À ces latifundia s’opposent les petites propriétés qui se consacrent aux cultures vivrières peu productives (maïs, haricots, riz, blé) et à l’élevage.

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L’agriculteur biologique au Guatemala:

Agroécologie, commerce équitable, consommation raisonnée et protection des semences originaires sont quelques-unes des pratiques ancestrales que les agriculteurs mayas ont sauvegardées.

Les paysans indiens de la Sierra des Cuchumatanes, au nord-ouest du Guatemala, savent que l’agriculture biologique requiert de travailler dur, d’être patient et motivé, mais que c’est l’unique chemin vers le développement durable.

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En 2006 ces agriculteurs ont décidé d’abandonner l’agriculture intensive, qui intègre l’utilisation de pesticides et de fertilisants chimiques, lorsqu’ils se sont rendu compte que si, effectivement le rendement des cultures augmentait rapidement et apparemment sans beaucoup d’efforts, sur le long terme ils polluaient les sources et épuisaient les sols.

C’est alors qu’ils ont fondé l’Association pour le développement durable de la communauté de communes d’Huista (ADSOSMHU, pour son sigle en espagnol). La communauté de communes – mancomunidad en espagnol – est une association de municipalités qui partagent la même histoire et la même culture et qui travaillent ensemble pour promouvoir des politiques communes et construire des projets d’infrastructures au bénéfice de tous les participants.

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La communauté de communes de Huista est l’une des plus anciennes du Guatemala et regroupe huit municipalités situées dans le département de Huehuetenango : Santa Ana Huista, San Antonio Huista, Concepción Huista, Nentón, San Miguel Acatán, Unión Cantinil, Jacaltenango et La Democracia.

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Avec l’appui financier de l’organisation non-gouvernementale espagnole Paisaje, Ecología y Género (Paysage, Écologie et genre), ADSOSMHU a construit un centre de démonstration où les agriculteurs peuvent acheter des semences originaires pour cultiver le maïs, les haricots, les légumes tels que la courge, les champignons et des plantes médicinales, y compris l’aloès.

Ils ont aussi appris comment élever des poissons en vivier et produire du compost à partir de feuilles et d’un sol en décomposition, de l’engrais grâce au travail de lombrics, et du fertilisant foliaire fabriqué à base de feuilles fermentées, d’eau et de lait de vache.

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L’ADSOSMHU est aujourd’hui l’un des 60 groupes ruraux qui font partie du Réseau national de défense de la sécurité et de la souveraineté alimentaire au Guatemala (REDSSAG), organisme national fondé en 2004 qui cherche à promouvoir l’Agroécologie, le commerce équitable, la consommation raisonnée et la protection des semences originaires de Mésoamérique.

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Il existe aussi des initiative privées qui fonctionnent aujourd’hui très bien et qui prouvent s’il fallait encore le démontrer que la permaculture et l’agroecologie se développe un peu partout dans le pays. Pour plus d’information concernant la ferme coboa, lire l’aricle dédié.

 

Pour plus de détails sur l’agriculture au Guatemala :

 

https://www.entraide.be/IMG/pdf/17-01_e_f_en_2_mots-2.pdf

http://www.alterinfos.org/spip.php?article6320

 

 

Lien vers l’interview de la Finca.

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